La Montérégie interpelle les formations politiques : le garde-manger du Québec ne peut plus être servi en dernier

À l’occasion de la Grande tablée électorale de la Montérégie, la Table de concertation régionale de la Montérégie (TCRM) a dévoilé aujourd’hui sa plateforme de priorités, intitulée « Reconnaître la Montérégie : le garde-manger du Québec ne peut plus être servi en dernier ». Devant plusieurs dizaines de maires et mairesses ainsi qu’une quinzaine de candidates et candidats, la TCRM a interpellé les formations politiques afin qu’elles s’engagent à adapter les ressources et les décisions gouvernementales à la réalité montérégienne.

« La région la plus populeuse du Québec après Montréal ne demande pas un traitement de faveur. La Montérégie réclame simplement que son poids démographique, son vaste territoire agricole et son apport à l’économie métropolitaine et québécoise se traduisent dans les investissements, les services et les décisions du gouvernement du Québec. Notre région contribue chaque jour à nourrir, loger, transporter et enrichir le Québec. Elle ne doit plus être considérée comme une périphérie, mais doit être reconnue à juste titre comme un levier économique majeur pour la région métropolitaine et pour le Québec », déclare Catherine Fournier, présidente de la Table de concertation régionale de la Montérégie (TCRM) et mairesse de Longueuil.

La plateforme s’articule autour de trois axes prioritaires : reconnaître le poids de la Montérégie et sa capacité d’agir, miser sur son leadership pour développer des solutions utiles à tout le Québec et considérer son patrimoine comme une force d’avenir.

Reconnaître notre poids et notre capacité d’agir

La TCRM demande au prochain gouvernement de répartir les ressources selon les besoins en tenant en compte le poids démographique, de fixer des objectifs communs et mesurables et de laisser aux régions la latitude de choisir les moyens adaptés à leur réalité. Toute responsabilité confiée aux municipalités et aux MRC devrait être accompagnée des ressources nécessaires. Elle propose également une table permanente d’échanges avec la ou le ministre responsable de la région au sein du gouvernement afin d’assurer le suivi des priorités montérégiennes.

« Reconnaître le poids de la Montérégie doit se traduire par des décisions et des résultats concrets. Le prolongement de l’autoroute 20 dans Vaudreuil-Soulanges ne peut plus attendre. Il faut aussi convenir rapidement des interventions nécessaires pour améliorer la fluidité de l’autoroute 30, qui relie le futur terminal du port de Montréal à Contrecœur, l’Aéroport métropolitain de Montréal à Longueuil et les marchés ontarien et américain. Ces corridors sont essentiels à la mobilité et au développement économique de la Montérégie et du Québec », précise Patrick Bousez, vice-président de la TCRM et préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges.

Reconnaître notre leadership pour le Québec

La Montérégie fait face au vieillissement des infrastructures d’eau, à la pression sur les eaux souterraines, aux inondations et aux limites de la capacité énergétique. La TCRM demande au prochain gouvernement de confier au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) un mandat national sur l’avenir et la gestion de l’eau. Elle propose également un chantier régional visant à planifier les investissements prioritaires dans les infrastructures d’eau potable et d’eaux usées et à soutenir le projet Re-Source sur les zones de recharge.

La TCRM demande aussi d’accélérer la cartographie des zones inondables dans les territoires non couverts par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), d’accompagner les municipalités dans l’application du nouveau cadre et de modifier l’article 7 du Règlement sur les pratiques agroenvironnementales afin de préserver leur droit d’appliquer des normes locales plus protectrices. Dans une région où près de 90 % du territoire se trouve en zone agricole, l’expérience montérégienne montre qu’il est possible de concilier une agriculture performante avec une protection accrue des bandes riveraines. Le cadre québécois devrait établir un seuil minimal sans restreindre les municipalités qui souhaitent aller plus loin. Cette capacité d’action fait de la Montérégie un laboratoire pour le Québec.

« Les pénuries d’eau et la pression sur les nappes phréatiques ne peuvent plus être abordées dossier par dossier. Les usages municipaux, agricoles et industriels se côtoient, sans que leurs effets cumulatifs et la capacité de recharge soient suffisamment documentés. Un mandat national du BAPE permettrait de mener une analyse publique, indépendante et intégrée, d’entendre les territoires et d’éclairer des décisions durables pour l’ensemble du Québec. La Montérégie est prête à contribuer à cette réflexion et à mettre à profit les solutions développées sur le terrain », affirme Lise Michaud, préfète de la MRC de Roussillon.

Enfin, l’économie circulaire et l’utilisation efficace des ressources et de l’énergie sont au cœur de la feuille de route régionale. La TCRM souhaite donc qu’Hydro-Québec associe les MRC à une planification énergétique arrimée aux priorités de développement et d’aménagement du territoire.

Reconnaître notre patrimoine comme force d’avenir

La TCRM demande au prochain gouvernement de reconnaître les patrimoines naturels, bâtis, paysagers, archéologiques, industriels, agricoles et immatériels comme des leviers de développement territorial. Elle souhaite un appui à la mise en commun des connaissances ainsi qu’à l’établissement d’une feuille de route et de leviers financiers pour le Centre de conservation et de recherche en archéologie de la Montérégie. Elle demande également un soutien au développement progressif d’initiatives culturelles et touristiques, dont Cité Mémoire, avec les MRC et les partenaires intéressés.

« Nos territoires conservent des collections, des paysages et des récits qui appartiennent à l’histoire de toute la Montérégie. Le Centre de conservation et de recherche en archéologie offrirait une réponse régionale durable aux besoins de conservation, d’étude et de transmission des collections archéologiques. Des initiatives comme Cité Mémoire pourraient également faire connaître nos patrimoines à un plus large public, avec les MRC qui souhaitent y participer. En soutenant ces projets, le gouvernement aiderait la Montérégie à protéger sa mémoire et à en faire un véritable levier de développement culturel et touristique  », souligne Vincent Deguise, vice-président de la TCRM et préfet de la MRC de Pierre-De Saurel.

Des engagements électoraux clairs pour la Montérégie

« Cette plateforme exprime une vision commune de ce dont la Montérégie a besoin pour contribuer pleinement à l’avenir du Québec. Nos territoires sont prêts à agir, à proposer des solutions et à travailler avec le prochain gouvernement. Nous demandons maintenant aux formations politiques de reconnaître le poids de notre région, de soutenir sa capacité d’agir et de prendre des engagements clairs envers ses priorité s», conclut Catherine Fournier, présidente de la TCRM et mairesse de Longueuil.